Compte rendu du grignotage littéraire des Escales de Binic

9 février 2017 au Nord/Sud

 

 

Invité : Jean-François Sterell

 

 

Vous avez été nombreux, à nouveau, à vous inscrire pour cette soirée grignotage et j’en profite pour vous remercier pour votre intérêt, votre curiosité et votre fidélité.

Rassemblés autour de Jean-François Sterell, nous avons évoqué son parcours, ses écrits et notamment Fragments & autres esquisses publié en 2007 aux éditions MLD.

En tout début de soirée, alors que j’hésitais à nommer mon invité par son « vrai » nom ou par son pseudonyme, l’auteur a expliqué qu’il avait choisi un nom d’auteur (Jean-François Sterell)  pour préserver l’écriture, son espace de liberté, sa sphère de création, et la séparer de ses activités sociales (son métier d’enseignant, ses engagements syndicaux, politiques etc…) Cette question n’a plus grande importance pour Serge Fougères maintenant qu’il est retraité.

Concernant son parcours, je pourrais rapidement mentionner son goût précoce pour les lettres. Ses préférences en tant que jeune lecteur l’avaient poussé vers certaines formes de littérature populaire : Sir Arthur Conan Doyle, Paul Féval, Alexandre Dumas, Maurice Leblanc, Gustave Leroux, etc., goût toujours présent qui l’amena il y a quelques années à écrire quelques pastiches mettant en scène Sherlock Holmes et Arsène Lupin notamment. Il faut aussi évoquer sa fascination pour l’œuvre de Marcel Proust, dont les lectures ont été le terreau d’un important essai intitulé En mourant, en écrivant  auto-publié en 2013. À noter également que son sujet de maîtrise portait sur le poète René Daumal, et que ce travail remanié a été auto-publié en 2011 sous le titre Les Machines de René Daumal.

Mais ce sont surtout les formes courtes de Fragments & autres esquisses qui ont alimenté l’essentiel de la soirée, car nous y avons trouvé une matière riche et extrêmement vivante, se prêtant très plaisamment à la lecture à haute voix. Jean-François Sterell avait fait un choix personnel d’une dizaine de textes, choix complété par d’autres suggestions et d’autres lecteurs et lectrices.

Variété de tons, de sujets, ces fragments sont autant de miniatures qui proposent un regard neuf et vivifiant sur un monde qui peine à nous surprendre.

« Que l’on s’y promène, suivant le fil, ou improvisant une lecture buissonnière, écrit Mérédith Le Dez, éditrice, dans la préface de l’ouvrage, que l’on ne s’embarrasse pas de l’ordre, on y trouvera ces échos d’un éclat à l’autre.

Tels ces cailloux ramassés au hasard de pays éloignés, étrangers l’un à l’autre, mais qui emplissent la main d’une même présence. » . La présence de Mérédith Le Dez parmi les participants de la soirée a apporté un éclairage bienvenu sur tout le travail préparatoire effectué avec l’auteur en vue de la publication.

Au fil des lectures d’autres questions ont été abordées : d’abord pourquoi écrire ? Pour vivre « plus », pour relier, réunir  ce qui  dans la vie est fracturé, divisé, tout ce qui s’éparpille dans le temps ? Pour donner, retrouver forme, pour approfondir, creuser ce que dans la vie on ne fait qu’effleurer ?

Ensuite pourquoi choisir la forme courte ? Pour l’auteur, cela n’a pas été un choix : la brièveté s’est imposée. Brièveté qui lui semble contradictoire avec sa volonté de tout ramasser, réunir, relier qui logiquement aurait dû l’amener à écrire une œuvre unique longue… Mais alors avec le risque de retomber dans le linéaire, l’éparpillement comme dans la vieBref, questions auxquelles, on le devine, aucune réponse définitive n’a été apportée.

La soirée étant logiquement axée sur les formes courtes de la littérature, vous avez été plusieurs à lire quelques aphorismes, haïku, poèmes ou extraits de : Gustave Flaubert, Pierre Dac, Oscar Wilde, Christian Cavaillé, Friedrich Nietzsche, Vincent Larnicol … Jean-François Sterell a lu une dizaine de poèmes Haiku et une dizaine aussi d’extraits des Carnets du méditant de Salah Stétié, écrivain franco-libanais à qui l’association Un jour, un poète... a consacré une journée en 2016.

Un grand merci à tous pour cette soirée chaleureuse et amicale au cœur de l’hiver.

Rendez-vous le 9 mars au Benhuyc en compagnie des programmateurs du festival les Escales de Binic pour une présentation approfondie de la 8ème édition.

 

(Je vous renvoie au blog des Escales pour y découvrir le programme complet.)

 

     Corinne Dirmeikis, avec l’assistance précieuse de Jean-François Sterell

                                                                

 

 

 

 

                                                                                       

 

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