Compte rendu du grignotage littéraire du 15 décembre 2016

Le Neptune, Binic

Thème : Que cherchons-nous dans les romans ?

 

Sur un thème proposé par Robert Blondel, lui-même romancier, une vingtaine de personnes se sont retrouvées jeudi dernier au Neptune pour un débat très vivant, plutôt informel et parfois assez passionné.

Après que nous ayons posé quelques bases historiques sur le roman, origine du mot, origine et déploiement du genre, les participants qui le souhaitaient ont pu présenter un de leurs romans fétiches et exprimer ce qui les pousse à choisir tel ou tel ouvrage et ce qu’ils y cherchent.

Les œuvres évoquées ce soir pourraient être présentées sous forme d’un court catalogue probablement lacunaire, et qui citerait pêle-mêle :

Confiteor, de Jaume Cabré

pour le voyage dans le temps et dans l’espace, dans une Espagne aux prises avec différentes guerres (guerre civile, deuxième guerre mondiale), roman foisonnant, d’une grande puissance émotionnelle, qui parvient à scanner l’humain dans son infinie diversité

La Peste, de Camus pour l’étonnement de se laisser happer par cette histoire qui n’avait rien d’attirant a priori !

l’œuvre de Marcel Proust pour cette autobiographie romancée qui contient tout

l’œuvre d’Alexandre Dumas pour l’éclat de l’aventure

l’œuvre de Robertson Davies, servie par la fluidité du style et l’art de surprendre le lecteur

les romans d’Emile Zola, pour l’étude de la société dans une époque donnée, pour la vraisemblance des intrigues et la précision du regard

Le cas Eduard Einstein, de Laurent Seksik, roman biographique pour la compréhension approfondie du monde tel qu’il est et tel que l’autre le voit

l’œuvre de Colin Niel, ou encore Baltique de Mérédith Le Dez, pour l’ouverture à un monde auquel l’on ne s’attend pas

Voyage au bout de la nuit, de Céline, pour le choc de la langue et le choc du voyage

Fortune carrée, ou Les Cavaliers, de Joseph Kessel, pour le style, pour l’histoire extraordinaire dans des pays extraordinaires, l’intensité des sentiments, l’étrangeté des mœurs, le dépaysement total

Terra australis, roman graphique de Laurent-Frédéric Bollée et Philippe Nicloux

Matsumoto, des mêmes auteurs, pour la recherche de la découverte, l’exploration  d’un univers

Hérétiques, de Leonardo Padura, pour la puissance évocatrice et l’excitation de l’enquête (voyage dans le temps et dans l’espace)

Terra Nostra, de Carlos Fuentes, pour l’originalité de l’approche du romancier, à la croisée de l’histoire, de la mythologie, de la philosophie et du fantastique

… et quelques autres que je n’ai pu noter

Il a aussi été question, en vrac

du plaisir de la relecture,

de la difficulté à terminer un livre que l’on ne voudrait pas quitter,

de la recherche d’une meilleure compréhension de la condition humaine, de l’intime, dans les romans ou au cinéma

de l’importance de l’histoire racontée sans souci de style

de l’importance du style en tant que voix intérieure, langue spécifique de chaque auteur

du bonheur de la lecture en tant que découverte sans cesse renouvelée, de ces infinies promesses de bonheur offertes par la littérature, de l’infinie variété des titres et des auteurs et de la facilité à y avoir accès

de la possibilité d’isolement du monde que permet la lecture

du plaisir de voyager et de lire des romans se situant dans le pays visité

… et de beaucoup d’autres choses encore qu’il ne m’a pas été possible, s’agissant d’un débat, de noter.

Une soirée foisonnante donc, comme vous aurez pu le constater à la lecture de ces quelques lignes.

Prochain rendez-vous le 13 janvier pour une soirée exceptionnelle en compagnie de Yahia Belaskri.

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