Compte rendu du grignotage littéraire Jeudi 22 septembre 2016

Compte rendu du grignotage littéraire
des Escales de Binic
Jeudi 22 septembre 2016, le Vacanciel
Thème du jour : Vos découvertes
de l’été


Un vingtaine de personnes se sont retrouvées pour cette reprise en douceur (le
sujet n’étant pas trop exigeant) de nos grignotages littéraires, première de la saison
2016-2017. Beaucoup de participants sont venus avec un livre à présenter, dont voici
un résumé.


Mireille Blondel : L’Odeur de la forêt, Hélène Gestern
Avec la première guerre mondiale pour décor, le roman d’Hélène Gestern,
grâce à une intrigue aussi foisonnante que prenante, recherche et restitue les traces
des humains pour mieux les relier. Très documenté, servi par une écriture d’une
magnifique précision, le roman s’articule autour d’une correspondance entre un
soldat et un poète, et interroge à nouveau l’impact de la photographie sur la vie des
hommes.


Maryvonne Poidevin : Une Forme de vie, Amélie Nothomb
Roman épistolaire, subtil mélange de fiction et de quelques éléments
biographiques, mise en abyme, incroyable vitalité imaginative de l’auteur : voici
quelques uns des éléments qui ont séduit Maryvonne, également touchée par la
thématique de l’engagement dans les relations humaines, et des risques encourus en
conséquence.


Vincent Larnicol : Les Passants de Lisbonne, Philippe Besson
Dans une Lisbonne mélancolique, toute imprégnée de saudade, un homme et
une femme blessés par la vie vont chercher à affronter la douleur et le manque et
tenter de se reconstruire au fil de leurs déambulations.


Christian Kembellec : L’idée ridicule de ne plus jamais te revoir, Rosa
Montero et Marie Curie prend un amant, Irène Frain
Christian a été séduit par la mise en perspective de ces deux romans très
différents, centrés tous deux sur le personnage de Marie Curie, et qui s’attachent
chacun à leur manière à décrypter des pans de sa vie dans ce qu’ils ont de
profondément personnel, et donc d’universel.


Patricia Piriou : Pauline à Paris, Benoît Vidal
Nous sommes prévenus qu’il s’agit là d’un Objet Livresque Non Identifié. Sur le
thème de la transmission, Benoît Vidal nous propose un roman-photo, comme aux
plus beaux jours de Nous-Deux, mettant en scène sa grand-mère qui enquête sur
une mystérieuse Pauline, « montée » à Paris pour y gagner sa vie comme tant de
provinciales du temps de sa jeunesse. Tout l’art de conter se dévoile dans cette
intrigue qui emmêle savamment vérité et imaginaire, dans une forme désuète ici
magistralement revisitée.


Madeleine Fasone : Le Chagrin des vivants, Anna Hope
Dans ce premier roman très remarqué, Anna Hope s’intéresse aux sentiments
qui animent les femmes : durant les cinq jours précèdant le 11 novembre 1920, en
Angleterre, trois femmes – mais aussi tout un pays – attendent l’arrivée de la
dépouille du soldat inconnu. Deux thèmes majeurs sous-tendent le roman : celui des
luttes des femmes pour leur émancipation, celui des conséquences du carnage de
14-18 dans le corps et le cœur de tout un peuple.


Richard Zenou : Les Carnets du sous-sol, Dostoïevski
Court roman paru en 1864, il s’agit du monologue d’un homme, malade, rempli
de haine, et s’y complaisant. Dostoïevski livre ici une ouverture philosophique
fondamentale: la vision de l'Homme dont la conscience ne constitue pas la grandeur
mais un fléau. L'homme est d'autant plus malade qu'il est clairvoyant, il est d'autant
plus clairvoyant qu'il regarde autour de lui et voit le Mal partout, il est d'autant plus
fou puisque la présence de ce mal est une folie. ( Wikipédia)


Christine Marquette : Un avion sans elle, Michel Bussi
Ambiance thriller pour ce roman qu’a apprécié Christine pour son suspense
addictif, sa quête d’identité et de racines, le traitement des non-dits familiaux.
D’apparence assez légère, le propos se révèle finalement profondément triste.


Danièle Pallec : Le Ravissement des innocents, Taiye Selasi
« Voici le premier opus d'une jeune romancière, qui donne l'impression d'être
sorti de la bouche d'un griot centenaire à qui rien n'échappe des émotions de chaque
âge, depuis le nourrisson qui s'agrippe à la vie du bout des doigts jusqu'à la grandmère qui se dirige vers la mort, un papillon posé sur le pied. Voici une saga écrite
avec une caméra mentale dont les mouvements, fluides ou saccadés, sont autant de
respirations de secours. » (Marine Landrot, Télérama)


Paul Dirmeikis : Les enquêtes du département V, Jussi Adler-Olsen
Jussi Adler-Olsen est un auteur danois qui connaît un succès mondial avec sa
série d’enquêtes de l’inspecteur Carl Mørck, en perpétuel conflit avec sa hiérarchie, et
dirigeant le département V traitant des affaires non résolues. Il forme un trio original
avec son partenaire syrien, Assad, et sa collaboratrice excentrique, Rose. La série
comportera 10 tomes ; elle mêle une remarquable maîtrise de la construction
narrative à un solide sens de l’humour. Miséricorde, Profanation, Délivrance, sont les
titres des trois premiers de la série dont six ont paru en français.


Françoise Cadudal : Le Grand Cœur, Jean-Christophe Rufin
Ce roman s'inspire largement de faits historiquement avérés, mais aussi de
l’expérience personnelle de Jean-Christophe Rufin, natif lui aussi de Bourges et
impressionné par le palais Jacques Cœur aux deux visages. Il a été bien accueilli par
la critique :
« Rufin donne une telle présence à cet artiste de la finance, une telle vitalité qu'on
entend le son de sa voix nous conter son existence. » (Fabienne Pascaud,
Télérama) ;
« Jean-Christophe Rufin, natif de Bourges comme son héros, s'est engouffré
avec un bonheur rare dans l'ignorance où l'Histoire, obsédée par le pouvoir et ses
comptages, a laissé périr cette belle figure d'aventurier sauvage et libre. Magistrale

revanche, et de grand style. » (Jean-Louis Ezine, Le Nouvel Observateur).
(Wikipédia)


Simone Ruellan : 1Q84, Haruki Murakami
Au Japon, en 1984. C'est l'histoire de deux mondes, celui réel de 1984 et un
monde parallèle tout aussi vivant, celui de 1Q84. Deux mondes imbriqués dans
lesquels évoluent, en alternance, Aomamé et Tengo, 29 ans tous deux, qui ont
fréquenté la même école lorsqu'ils avaient dix ans. A l'époque, les autres enfants
se moquaient d'Aomamé à cause de son prénom, « Haricot de soja », et de
l'appartenance de ses parents à la nouvelle religion des Témoins. Un jour, Tengo
l'a défendue et Aomamé lui a serré la main. Un pacte secret conclu entre deux
enfants, le signe d'un amour pur dont ils auront toujours la nostalgie. (Babelio)


Yveline Guyolot : Trois jours et une vie, Pierre Lemaître
Dans ce roman noir au suspense inversé, l’assassin a douze ans, et on le
sait dès le début. Tout l’art de Pierre Lemaître est de soulever de nombreuses
questions sans forcément y répondre, explorant sans concession les plus sombres
recoins de l’âme.

Catherine Kembellec : La Bibliothèque du bout du monde, Felicity
Hayes-Mc Coy
Catherine a su passer outre d’une couverture à l’esthétique « Casimir » pour
découvrir ce roman-fresque qui explore toutes les couches de la société
irlandaise, citadine et rurale, vivant dans une péninsule de l’Ouest du pays. Tout
en suivant les pérégrinations d’une bibliothèque ambulante qui se déplace de
village en village, le récit s’attarde sur les problèmes d’une société qui fait face au
développement d’un tourisme invasif qui ne profite qu’à quelques privilégiés.


Jean-Pierre Léger : L’Épervier de Maheux, Jean Carrière
Prix Goncourt 1972, on pourrait presque dire que L’Épervier de Maheux a
accompagné Jean-Pierre tout au long de sa vie puisqu’il s’est très tôt rendu sur
place dans les Cévennes, où se déroule le roman, pour se plonger dans cette
géographie et rencontrer les habitants. Habitants pas toujours très tendres avec
l’auteur, comme a pu le constater Jean-Pierre, qui est retourné sur les lieux de
nombreuses années plus tard pour constater l’évolution des paysages, ainsi que
le ressentiment tenace de certains Cévenols à l’égard du roman et de son auteur.


Un grand merci à tous pour cette soirée de partage amical.
Notre prochain rendez-vous est fixé au 13 octobre prochain. Le lieu en
sera communiqué prochainement.


Martine Crenan, Christine Le Pennec et Frédéric Prilleux,
programmateurs du festival Noir sur la ville, de Lamballe, viendront nous
présenter l’édition 2107 du festival de littérature noire et policière.
Corinne Dirmeikis

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