Compte rendu du grignotage littéraire du jeudi 15 octobre 2015

Compte rendu du grignotage littéraire du jeudi 15 octobre 2015

au Vacanciel, Binic

Cette soirée était consacrée aux « Trésors cachés de la littérature ». Auteurs oubliés ou trop peu connus, textes sortis de l’actualité médiatique et qui méritent notre attention : telles étaient les pistes de réflexion proposées aux participants.

Vous avez été nombreux au rendez-vous donné au Vacanciel, fidèles de nos grignotages et nouveaux venus.

Dans la rubrique « Découverte », Catherine Kembellec a choisi de présenter Noirs en blanc, de Denis Labayle. Roman très documenté sur le parcours de médecins étrangers travaillant dans des hôpitaux français, inspiré de témoignages recueillis par l’auteur, lui-même médecin.

Dans cette même rubrique, Mireille Blondel a évoqué le roman autobiographique de Jeanette Winterson : Pourquoi être heureux quand on peut être normal, dans lequel l’auteur, militante féministe, fait le récit d’un parcours familial complexe, et de l’apprentissage de la littérature. « Les écrivains savent mieux que quiconque nous apprendre la liberté. »

Et maintenant, au sujet des « Trésors cachés de la littérature », c’est Christian Kembellec qui a ouvert les échanges en faisant le lien avec l’intervention de Richard Zénou lors du précédent grignotage. Richard, on s’en souvient, avait présenté Des choses cachées depuis la fondation du monde, de René Girard. Christian a fait le lien avec un texte extrait de la Bible et plus précisément de l’Ecclésiaste (12-12) dans lequel le roi Salomon réputé pour sa grande sagesse, déclare : « À faire beaucoup de livres il n'y a pas de fin, et les fréquenter beaucoup est fatiguant pour la chair. » Je vous laisse méditer sur la subtile ironie de ce trésor caché …

Vincent Larnicol a ensuite choisi de présenter un roman de Marguerite Duras, L’Amour, dont il nous a lu la première page en nous demandant de bien vouloir fermer les yeux afin d’en goûter toute la saveur. Comme je faisais remarquer à Vincent que Marguerite Duras n’était pas vraiment un auteur oublié, il a fait valoir que le livre dont il avait lu un extrait était un roman beaucoup moins connu de l’auteur et que c’était à ce titre qu’il l’avait choisi.

Françoise Boubennec est venue nous parler de Christiane Singer et a su partager l’enthousiasme avec lequel elle se plonge dans les pages de cet auteur couronné de nombreux prix mais paradoxalement trop confidentiel. Françoise a notamment lu quelques extraits d’Une passion. Entre ciel et chair, un essai d’une écriture lumineuse sur Éloïse et Abélard. Christiane Singer est l’auteur de nombreux essais et romans, témoins d’une inlassable quête spirituelle, d’une invitation à vivre sa vie plus intensément.

Robert Blondel a choisi de nous présenter Gaspard des Montagnes, d’Henri Pourrat, roman historique, régionaliste, ethnographique, très documenté prenant place dans l’Auvergne du milieu du XIXème siècle. Baignée par une atmosphère fantastique, hantée par les légendes et les mythes de l'Auvergne, Gaspard des montagnes est le chef-d’œuvre d’Henri Pourrat et l'un des classiques de la littérature française. Grand prix du roman de l’Académie Française l’année de sa parution en 1931.

Marie-Paule Jalet a présenté Une histoire sans nom, roman écrit par Jules Barbey d’Aurevilly en 1882. Ce roman très sombre relate les relations pour le moins étranges entre une mère et sa fille, Lasthénie de Ferjol, dans un huis clos étouffant. Jules Barbey d'Aurevilly joue des rapports entre l'atmosphère sombre de l'histoire, l'enfermement des personnages dans leur folie respective et la description des lieux, qui accentuent l'impression d'isolement, de perte de conscience du monde extérieur, d'anéantissement.

Monique Renouard a choisi de nous parler d’un livre de Yann Queffélec : Tabarly, une vie, biographie subjective et passionnée qui met en avant les points communs des deux hommes notamment les lieux et expériences de l’enfance et de l’adolescence.

Mérédith Le Dez nous a fait découvrir Les yeux de la tête, roman autobiographique, l'œuvre majeure de Jean Cordelier, parue aux éditions du Seuil en 1953. « À travers l'histoire de son héros Morel, double de lui-même, l'écrivain brise le tabou de la captivité et celui des amours de guerre, parfois fugaces, parfois éternelles, rarement dévoilées.» Le fonds documentaire, archives, correspondance de cet auteur dinannais est consultable à la médiathèque de Dinan.

Catherine Kembellec a évoqué Léon Frapié, Prix Goncourt 1904, pour La Maternelle. Roman autobiographique par procuration, pourrait-on dire, puisque Léon Frapié s’est largement inspiré des anecdotes que lui racontait son épouse institutrice pour le composer. Critique virulente des valeurs enseignées, telles l’obéissance, la servilité, la résignation, le roman dépeint également la misère rassemblée dans ces classes de soixante élèves, les conditions quotidiennes de la vie de ces femmes et de ces enfants aux débuts de l’école publique.

J’ai choisi de parler d’un roman de Fernand Pouillon, Les Pierres sauvages paru en 1964. Architecte de formation, et de profession, Fernand Pouillon a écrit ce roman lors d’une grave épreuve personnelle. Situé au XIIème siècle, le texte évoque le projet puis la réalisation de l’abbaye du Thoronet par un moine bâtisseur entouré de son équipe, sous forme d’un journal de bord qui raconte au plus près les difficultés rencontrées, les doutes, le courage et la ténacité nécessaires dans le froid et la pluie ou sous le soleil intense du Sud.

Un grand merci à tous les participants, et à Robin Parmentier, notre hôte au Vacanciel pour la chaleureuse et impeccable qualité de son accueil.

Prochain rendez-vous le 19 novembre à 19 h 30 au Benhuyc pour rencontrer Jean Rouaud.

Corinne Dirmeikis

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