jeudi 25 juin 2015 au bar restaurant le Neptune

“ On devrait nourrir une immense affection pour ceux qui n'écrivent pas de poèmes, qui lisent ceux des autres, ne discutent pas d'abord la technique, ne fendent pas les mots en quatre : semblables en cela aux vrais amateurs de cinéma, ceux qui dans les ciné-clubs ne restent jamais pour la discussion, mais qui se lèvent sans un mot dès la dernière séquence, avec des gestes ralentis, un peu perdus ; et qui s'en vont, presque recueillis, parce qu'ils emportent quelque chose de fragile et d'irremplaçable, dont on ne peut pas parler, surtout pas de suite : leur propre émotion.”

Georges Mounin, cité par Robert Blondel, en préambule à ce compte rendu.

Le thème prévu pour cette soirée était « poésie et slam ».

Avec l’invitation de Clotilde de Brito à venir nous rejoindre, nous avons touché juste puisque vous avez été très nombreux à vous inscrire pour cette soirée. Et si j’en juge par la chaleur et l’enthousiasme des retours reçus, vous avez eu grand plaisir à rencontrer et écouter notre invitée.

Clotilde a très volontiers joué le jeu en répondant à toutes nos questions, sur son parcours, sur son rapport à la langue, sur les liens entre slam et poésie, sur la notion de compétition qui est une composante incontournable (ou presque) de la scène slam, sur ses thématiques spécifiques (ou non), et beaucoup d’autres choses encore.

Si vous avez lu la presse, vous savez que Clotilde a été récompensée par de très nombreux titres : championne de France de slam, vice-championne d’Europe, et très récemment championne du Monde, à l’occasion de la 9ème Coupe du Monde de slam au début juin 2015. Ce n’est pas pour autant qu’elle en a perdu simplicité et modestie : l’amour des mots et le plaisir des rencontres restent ses motivations les plus puissantes.

Clotilde nous a régalés de textes très divers, car l’un de ses talents est de savoir ne pas s’enfermer dans un seul style. Des textes drôles, émouvants, étonnants, chantés parfois, qui jouent sur les mots, sur les attentes comblées ou déviées, sur les registres de langue, sur les rythmiques : une sorte de feu d’artifice verbal qui a ravi les auditeurs.

http://autourdeclo.over-blog.com/

Vous allez pouvoir découvrir un certain nombre de textes sur son blog, mais aussi des vidéos, et des liens.

Au cours de la soirée, ainsi que cela avait été demandé, quelques participants sont intervenus en contrepoint pour dire un poème de leur choix, parfois de leur composition.

Ainsi, Robert Blondel a lu en préambule un texte de Georges Mounin qui a d’emblée donné le ton avec beaucoup de justesse (cf. plus haut).

Maryvonne Poidevin est venue avec un texte de sa composition : « Regards ».

Mireille Blondel a choisi de dire « Tournez manège », de Grand Corps Malade.

Danièle Pallec a lu un poème de Paul Éluard : « Et un sourire ».

Catherine Kembellec a puisé dans Jacques Charpentreau : « Il y a des mots pour tout dire ».

Et enfin Vincent Larnicol a réagi aux tueries de janvier dernier en écrivant un texte intitulé : « Je suis Charlie ».

En prolongement de cette soirée, en tous points délicieuse, Clotilde, comme promis, m’a envoyé une série de liens que je vous livre ici :

Tristan Blumel :
https://vimeo.com/95746618

Camille Case :
https://www.youtube.com/watch?v=bo7-oJzQ1Vc

Malheureusement je ne retrouve pas "J'ai deux petites minutes", le slam de Polo Framboiz, le professeur de français qui a un très beau texte sur ses élèves. Une autre prof a écrit pour ses élèves, Gabrielle Tuloup, championne de France 2010, qui a
tourné comme moi une vidéo pour Appelle Moi Poésie : https://www.youtube.com/watch?v=qw6gymkIzIw

Le poète japonais et ses poulpes !!! : http://www.dailymotion.com/video/x2uz7pi_cdm15round3yasuhirookanotop100onsquids_creation
La puissance de la poétesse américaine : http://www.dailymotion.com/video/x2snu9x_usa-porsha-olayiwola-father_webcam
A partir de ces vidéos, on peut voir une bonne partie des participants à la Coupe du Monde en cliquant sur
les vidéos annexes.

La saison prochaine du grignotage littéraire est en cours d’élaboration : vous en saurez plus à la rentrée. Un bel été à vous et à très bientôt.

Corinne Dirmeikis

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