Compte rendu du grignotage littéraire du 28 mai 2015

C’est autour du thème « la correspondance, un genre littéraire à part entière » que nous nous sommes réunis le jeudi 28 mai dernier, confortablement installés dans une salle de La Moana, où nous nous sommes régalés d’assortiments de charcuterie, de fromages, de pizzas.

Vincent Flochel a ponctué la soirée d’une série de mots d’excuses hilarants, qui venaient très opportunément s’immiscer entre les lettres choisies par les participants. Mots d'excuses : Les parents écrivent aux enseignants de Patrice Romain.

Mireille Blondel a commencé par une chanson, tant il est vrai que celle-ci a beaucoup emprunté au genre épistolaire, et nous a lu (à défaut de la chanter) En relisant ta lettre, de Serge Gainsbourg.

Danièle Pallec a fait une première intervention sur le texte de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows : Le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates, extravagant roman épistolaire, plein d’humour pince-sans-rire, véritable chant d’amour à la lecture.

Françoise Gehannin a lu l’extraordinaire lettre de reconnaissance envoyée par Albert Camus à son ancien instituteur, après avoir reçu le prix Nobel de littérature. Une lettre à Monsieur Germain.

Paul Dirmeikis a choisi de lire des extraits de Lettres à un jeune poète, de Rainer Maria Rilke : « Rentrez en vous-même. Cherchez la raison qui, au fond, vous commande d'écrire… » répond Rilke au jeune homme qui cherche conseil auprès de lui.

Corinne Dirmeikis s’est fait une joie de lire une lettre adressée par Groucho Marx aux Frères Warner, qui menaçaient de lui intenter un procès pour « s’approprier » la ville de Casablanca en y tournant leur célébrissime Une nuit à Casablanca, quelques années après Casablanca avec Ingrid Bergman et Humphrey Bogart. Aucun risque que le spectateur moyen ne confonde la belle Ingrid Bergman avec Harpo, fait valoir Groucho.

Vincent Larnicol a sollicité Bernadette Guillouët pour une lecture à deux voix d’un extrait du dernier roman de Jean Teulé, Héloïse, ouille. Texte qui a favorisé des échanges très intéressants entre Vincent qui découvrait Héloïse et Abélard par la voix de Jean Teulé, et un certain nombre d’auditeurs familiers et admiratifs de cette correspondance, troublés par le traitement qu’en a fait l’auteur.

Robert Blondel a demandé à Vincent Flochel et Catherine Kembellec de lire un texte qu’il a spécialement écrit pour l’occasion, relatant un échange de courriels entre Nausicaa et Nikèsas, dans lequel il est bien sûr question d’Ulysse.

Danièle Pallec a repris la parole pour présenter une lettre que Charles Juliet a écrite à une amie partie aux États-Unis : Dans la lumière des saisons. Où la correspondance rejoint la poésie, où l’intime se fait universel.

Paul Dirmeikis a déniché une lettre de Barbey D’Aurevilly dans un très bel album intitulé Lettres intimes, une collection dévoilée et nous a fait découvrir ce texte portant très haut l’art du marivaudage.

Corinne Dirmeikis ne pouvait imaginer une soirée consacrée à la correspondance sans évoquer le nom de Satprem. Une des premières lettres rassemblées dans les Lettres d’un insoumis s’adresse à son père et l’intime, avec beaucoup de rage et de justesse, de cesser d’imposer une religion étriquée et culpabilisatrice à son jeune frère.

Bernadette Guillouët nous a lu un texte de sa composition, Lettre à l’absent, adressée à son fils absent depuis longtemps, dans lequel elle dit toute la difficulté d’une mère à vivre cette séparation imposée.

Françoise Gehannin a présenté une lettre de Gustave Flaubert adressée à Louise Colet. Embarras du choix : Flaubert ayant écrit une correspondance extrêmement importante : 5 volumes dans la collection de la Pléiade/Gallimard ! D’aucuns considèrent que se trouve là le véritable chef d’œuvre de l’auteur.

À Vincent Larnicol échut l’honneur de conclure la soirée avec d’abord une lettre à sa mère absente, dans laquelle il sut exprimer toute la douleur du manque, puis avec une évocation d’un roman épistolaire d’Éric-Emmanuel Schmitt, L’Élixir d’amour.

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