Café littéraire octobre 2014 : grignotages sur l'île déserte

Jeudi dernier, nous avons renoué avec les grignotages littéraires des Escales de Binic.

Le premier de la saison a eu lieu au Neptune, et comme toujours l'accueil et le grignotage ont été parfaits.

Le thème de cette soirée était : Quel(s) livre(s) emporterais-je sur une île déserte ?

Et le moins que l'on puisse dire, c'est que ce sujet a bien motivé les participants qui ont joué le jeu avec beaucoup d'enthousiasme, et souvent une certaine dose d'humour.

Ainsi, Elisabeth a commencé par nous faire remarquer que la première des choses à emporter, ce sont les lunettes. Bien sûr. "Quand je lis, je suis de fait sur une île déserte, dans un monde qui n'appartient qu'à moi", dit Elisabeth. Qui emporterait Trois hommes dans un bateau, (Jerome K. Jerome) car il faut bien y arriver, sur l'île. Et pour l'humour.

Ainsi que les oeuvres complètes de Colette, pour l'ouverture d'esprit et la liberté de ton.

Antoine choisirait Des Oiseaux sans ailes, de Louis de Bernières. Un volume épais, plein de personnages, c'est bien le moins que l'on puisse emporter...

"Louis de Bernières excelle à mêler le tragique individuel aux tourments de l'Histoire et signe un puissant récit épique et sensible sur la fin de l'Empire ottoman."

Vincent L. emporterait Réparer les vivants, de Maylis de Kérangal. Il voit cet ouvrage comme un voyage à travers le corps, le corps comme une île déserte.

Le choix d'Isabelle se porterait également sur un gros livre, par crainte de manquer ! et ce serait Chrétien de Troyes, une édition de poche regroupant ses sept principaux romans, plus le texte en ancien français. Du pain sur la planche et une bonne dose de courage !

Stéphanie choisirait Parfums, de Philippe Claudel, en raison du lien étroit entre les parfums et la mémoire, pour la subtilité d'évocation de Claudel, et pour la forme de l'ouvrage qui se présente comme un lexique dans lequel on peut entrer librement.

Le choix d'Annick se porterait sur L'Oeuvre au noir, de Marguerite Yourcenar.

Car c'est un roman qui l'accompagne tout au long de sa vie, qui peut aussi bien l'éblouir que l'intriguer, qu'elle n'en finit pas de redécouvrir.

Hervé partirait avec un ouvrage de Jean Hartzfeld, Dans le nu de la vie. Il s'agit de l'un des livres que l'auteur, grand reporter, a consacré au génocide rwandais. Nécessité de se consacrer à la recherche d'une compréhension de l'indicible.

Mérédith, sur une île déserte, craindrait d'être dépossédée du langage. Elle partirait donc avec un dictionnaire: le Dictionnaire des mots rares et précieux, qui lui garantirait de conserver la mémoire, indispensable pour continuer à créer. Elle ne partirait pas sans Fureur et mystère, de René Char, pour son verbe solaire incarné dans ces poèmes de la Résistance. Lecture de "Allégeance". Et trouverait bien une petite place pour l'empereur philosophe Marc Aurèle, et ses Pensées pour moi-même, un livre compagnon des bons et des mauvais jours.

Danièle choisirait Le Livre des nuits, de Sylvie Germain, saga familiale marquée par l'Histoire, entre conte et récit fantastique, portée par une écriture profondément habitée et originale.

Robert nous a laissé deviner l'ouvrage fondateur qui retiendrait sa préférence, en nous parlant des femmes et des hommes qui le peuplent. Le connaissant, et suivant attentivement ses présentations, il nous a été aisé de reconnaître LOdyssée, riche de toutes les dimensions, le livre-mère de toute la littérature occidentale dont chaque lecture apporte une nouvelle découverte.

Aimée prendrait Jean-Christophe, de Romain Rolland, pour avoir le plaisir de le relire tranquillement. Une lecture de la première page nous a tous enthousiasmés. Mais elle ne partirait pas sans la Bible, pour enfin prendre le temps de découvrir l'un des textes fondateurs de l'humanité, ni sans un livre de recettes pour cuisiner le poisson car on ne vit pas que de littérature. Louis Guilloux, George Sand, Maurice Genevoix, s'il reste un peu de place dans le sac d'Aimée...

Vincent L. emporterait également Plus noir avant l'aube, de Béatrice Fontanel,

un roman ode à la littérature, basé sur l'authentique correspondance d'une famille de médecins russes, qui nous emporte à travers guerres et exil.

Pour ma part, je ne partirais pas sans poésie. Poésie : la vie entière de René Guy Cadou ferait partie du voyage, Joël Vernet, Les Jours sont une ombre sur la terre, pour l'acuité du regard capable de transformer la vision du lecteur sur les choses et sur le monde ainsi que les oeuvres complètes de William Shakespeare, car je crois savoir que tout est contenu dans Shakespeare : à emporter, donc !

Vincent F. se laisserait tenter par l'humour salvateur d'Italo Calvino, notamment dans ses nouvelles Marcovaldo, ou les saisons en ville. Un texte alliant avec bonheur humour, légèreté et profondeur de vue. Vincent emporterait également Vies minuscules, de Pierre Michon, un texte à l'écriture précise, en forme de légende familiale, de géographie des gens de peu.

Mireille emporterait tout Molière en se promettant d'apprendre les textes par coeur !

Un grand merci à tous les participants, pour la richesse des interventions, pour l'écoute attentive et amicale et merci à nos hôtes du Neptune, pour avoir offert le cadre parfait pour cette soirée réussie.

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